Entretien avec François Hollande ,Leçons en sol mineur
La scène a un goût de déjà-vu, un parfum d’archives mal refermées et voilà que François Hollande revient distribuer des leçons comme on corrige des copies, avec ce calme presque scolaire qui ferait oublier que le tableau noir porte encore les traces de ses propres hésitations, car non, l’histoire ne s’efface pas d’un revers de phrase, elle s’accroche, elle résiste, elle rappelle.
Le décalage est brut, presque grinçant, un ancien capitaine qui commente la tempête après avoir laissé filer le vent, chômage qui s’installe, fractures qui s’élargissent, décisions qui laissent un goût d’inachevé, et pourtant le ton reste sûr, comme si parler juste aujourd’hui pouvait corriger les silences d’hier, comme si la mémoire collective était une pâte malléable.
Alors la comparaison surgit, sans filtre, avec Donald Trump, figure rugueuse, controversée, mais dont certains saluent la frontalité, une manière de foncer là où d’autres contournent, notamment sur le dossier iranien, posture de confrontation contre posture de précaution, courage pour les uns, imprudence pour les autres, vérité ou illusion selon l’angle, mais au moins une ligne assumée, visible, quitte à diviser.
Et c’est peut-être là que le bât blesse, dans cette impression persistante d’un pouvoir passé qui a trop souvent choisi l’équilibre mou, le « surtout ne pas heurter », le « tenir sans trancher », gouverner sans rompre, au risque de ne jamais vraiment décider, une politique en demi-teinte, prudente jusqu’à l’effacement.
Le citoyen, lui, n’est pas dupe, il écoute, il compare, il soupèse, parfois il sourit jaune, parfois il soupire, car la parole publique a cette étrange faculté de se croire neuve alors qu’elle recycle, encore et encore, les mêmes postures, les mêmes justifications.
Au fond, la satire n’est pas gratuite, elle pointe une faille bien réelle, celle d’une classe politique qui parle souvent après coup avec plus d’assurance qu’elle n’en avait dans l’action, comme si le courage était plus facile à manier dans les mots que dans les décisions, et dans ce miroir un peu cruel se dessine une évidence simple, presque implacable, la crédibilité ne naît pas des discours tardifs mais des choix faits quand tout vacille, là où l’histoire, elle, ne pardonne ni les détours ni les oublis.
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