Quand l’effort fiscal veux frapper les plus fragiles !
Un revenu mensuel de 600 euros.
Après le loyer, l’électricité et l’eau, il reste 150 euros pour manger, se déplacer, se soigner, tenir.
Cette réalité concerne de nombreux locataires en situation de handicap, souvent invisibles dans les débats publics.
Aujourd’hui, alors que certains responsables politiques plaident pour le retour de la taxe d’habitation, la question n’est plus technique.
Elle est sociale, morale, politique.
Officiellement, la remise en question de la suppression de la taxe d’habitation répond à un besoin de financement des collectivités locales.
Les communes manquent de ressources.
Les services publics coûtent cher.
Les budgets sont sous tension.
Mais dans la pratique, remettre la taxe d’habitation sans garde-fous solides, c’est faire peser l’effort sur ceux dont le reste à vivre est déjà en dessous du seuil de dignité.
Quand il ne reste que 150 euros pour finir le mois, un impôt supplémentaire n’est pas une contribution citoyenne.
C’est une fracture.
Une pression fiscale aux conséquences immédiates.
Sur le papier, l’équation est équilibrée.
Sur le terrain, elle est brutale.
Pour les ménages très modestes.
Chaque prélèvement devient un choix contraint, chaque avis d’imposition une source d’angoisse,chaque hausse un pas de plus vers le renoncement.
Renoncer à se chauffer correctement.
Renoncer à certains soins.
Renoncer parfois à se loger dignement.
À ce niveau, on ne parle plus d’ajustement budgétaire, mais de mise en danger sociale.
Propriétaires et collectivités , des difficultés réelles, mais une fausse cible.
Oui, la taxe foncière augmente.
Oui, les propriétaires expriment une colère légitime.
Oui, les élus locaux alertent sur des transferts de charges insuffisamment compensés par l’État.
Ces faits sont réels, documentés, incontestables.
Mais faire reposer la compensation sur les locataires pauvres et handicapés, c’est déplacer le problème sans le résoudre.
C’est choisir la facilité plutôt que la justice.
Le handicap, toujours l’oublié des arbitrages.
Vivre avec un handicap, ce n’est pas seulement vivre avec moins de revenus.
C’est vivre avec plus de dépenses contraintes ,soins, équipements spécifiques, mobilité, accompagnement.
Appliquer une fiscalité uniforme sans tenir compte du reste à vivre réel, c’est ignorer cette réalité structurelle.
Les conséquences sont connues .
précarisation accélérée,isolement,endettement,parfois perte du logement.
À ce stade, ce n’est plus une politique fiscale.
C’est une rupture de solidarité.
Remettre la taxe d’habitation , un choix politique, pas une fatalité.
Contrairement à ce qui est parfois avancé, d’autres options existent .
Exonérations automatiques et effectives pour les personnes handicapées à faibles ressources,plafonnement strict basé sur le reste à vivre,compensation nationale réelle pour les collectivités,réforme globale de la fiscalité locale plutôt que des rustines sociales.
Ne pas les activer, c’est faire un choix.
Un choix clair , celui de faire payer les plus fragiles pour maintenir l’équilibre des comptes.
Ce que révèle ce débat.
La fiscalité locale n’est pas neutre.
Elle dit ce que nous acceptons.
Elle trace la ligne entre solidarité et abandon.
Quand un système oblige à choisir entre payer un impôt et se nourrir, le problème n’est pas individuel.
Il est collectif.
Remettre la taxe d’habitation sans protéger les plus précaires,c’est envoyer un message simple ,l’équilibre budgétaire passe avant la dignité humaine.
La question que l’on évite.
Jusqu’où peut-on demander l’effort à ceux qui n’ont déjà plus rien à donner ?
À partir de quand l’impôt cesse-t-il d’être un outil de solidarité pour devenir un facteur d’exclusion ?
Une société ne se juge pas à la solidité de ses comptes, mais à la manière dont elle protège ceux qui marchent au bord.
Et sur ce terrain-là, le débat sur la taxe d’habitation mérite mieux que des calculs .
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