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        Facebook n'est pas le Web : quand l'information publique disparaît derrière un mur privé



        Pendant des décennies, les mairies affichaient leurs informations sur les panneaux municipaux, publiaient des arrêtés sur leur site Internet et veillaient à ce que chaque citoyen puisse consulter les décisions publiques sans demander la permission à qui que ce soit. 

        Aujourd'hui, une étrange habitude s'installe , pour connaître une fermeture de route, une coupure d'eau, une alerte météo, un changement d'horaires ou une manifestation locale, il faut parfois... posséder un compte Facebook.

        Le paradoxe mérite d'être souligné. 

        Une information publique ne devrait jamais dépendre d'une entreprise privée dont le modèle économique repose sur la collecte de données personnelles et la captation de l'attention. 

        Pourtant, de nombreuses collectivités utilisent désormais Facebook comme principal, voire unique, moyen de communication. 

        Pour les millions de personnes qui refusent d'utiliser ce réseau social afin de protéger leur vie privée, qui ne souhaitent pas créer de compte ou qui rencontrent des difficultés d'accès au numérique, ces informations deviennent pratiquement invisibles.

        Facebook n'est pas Internet. 

        Facebook est une plateforme privée. 

        Le Web est un espace ouvert. 

        La différence est fondamentale. 

        Un site Internet officiel est consultable librement, indexé par les moteurs de recherche, archivable, référencé et accessible sans dépendre des décisions d'un algorithme. 

        Une publication Facebook, elle, disparaît rapidement dans un flux infini, peut être difficile à retrouver, inaccessible sans connexion,sans compte et reste soumise aux règles commerciales de société qui décide seule de l'évolution de son service.

        La situation devient encore plus sensible lorsqu'il s'agit d'informations d'intérêt général. 

        Une alerte sanitaire, un arrêté municipal, un avis de sécurité civile ou une décision concernant les écoles ,incendies ne devraient jamais être réservés aux abonnés d'une plateforme. 

        L'accès à l'information publique est un principe démocratique, pas un abonnement à un réseau social.

        À partir de septembre 2026, les exigences renforcées concernant la protection des mineurs et l'encadrement des plateformes numériques rappellent d'ailleurs une évidence , les réseaux sociaux ne constituent pas un espace neutre destiné à remplacer les services publics. 

        Ils sont conçus pour favoriser les interactions sociales et la diffusion commerciale de contenus, non pour devenir le guichet officiel de la République.

         Les collectivités ont donc tout intérêt à privilégier leur propre site Internet ,le partenariat comme source de référence, les réseaux sociaux ne devant servir que de relais vers cette information officielle.

        La satire s'impose presque d'elle-même. 

        Demain, faudra-t-il ouvrir un compte sur une application de vidéos pour connaître les horaires de la déchèterie ? 

        S'abonner à un influenceur pour consulter un arrêté préfectoral ? 

        Attendre que l'algorithme juge une alerte météo suffisamment « engageante » pour la montrer aux habitants ? 

        À ce rythme, le panneau d'affichage municipal pourrait bientôt être remplacé par un concours de popularité numérique.

        Les réseaux sociaux ont leur utilité. 

        Ils permettent de diffuser rapidement un message auprès d'une communauté déjà présente. 

        Mais ils ne sauraient devenir l'unique porte d'entrée de l'information publique. 

        Une mairie appartient à tous les citoyens , sa communication devrait également appartenir à tous.

        Internet est une bibliothèque ouverte où chacun peut consulter les archives du présent et du passé.

         Facebook est une galerie marchande où les vitrines changent au rythme des algorithmes. 

        Confondre les deux revient à installer le tableau officiel des annonces de la mairie au fond d'un centre commercial dont l'entrée exige parfois de présenter sa carte de fidélité.

        À l'heure où la souveraineté numérique, la protection des données personnelles et l'accessibilité des services publics occupent une place croissante dans le débat démocratique, une règle simple devrait guider toutes les collectivités , l'information publique doit rester publique. 

        Accessible sans inscription, durable dans le temps, facilement retrouvable par les moteurs de recherche et consultable par chaque citoyen, qu'il utilise ou non les réseaux sociaux. 

        Car une information que l'on ne peut pas librement consulter cesse progressivement d'être un bien commun , elle devient un privilège d'accès. 

        Et une démocratie ne se construit pas derrière un mur de connexion.

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        1 Commentaires

        1. Une alerte sanitaire, un arrêté municipal, un avis de sécurité civile ou une décision concernant les écoles ,incendies ne devraient jamais être réservés aux abonnés d'une plateforme.

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