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        Déresponsabilisation politique - Nos dirigeants ne sont que des exécutants !



        Le titre pose une question vertigineuse , quand ceux qui gouvernent semblent eux-mêmes pris dans des mécanismes qui les dépassent où commence encore leur responsabilité et où finit leur marge de manœuvre ? 

        La formule « nos dirigeants ne sont que des exécutants » mérite justement d’être interrogée plutôt que simplement applaudie ou rejetée. 

        L’idée défendue par Marion Saint Michel est intéressante parce qu’elle déplace le regard , au lieu de considérer les dirigeants comme les seuls maîtres du jeu, elle invite à observer les systèmes, les institutions, les contraintes économiques, administratives et politiques qui orientent leurs décisions.

        Mais la formule « nos dirigeants ne sont que des exécutants » doit être maniée avec prudence. 

        Un dirigeant dispose généralement d’une marge de décision réelle , il peut arbitrer, ralentir, accélérer, réformer, renoncer ou assumer un choix. 

        Dire qu’il n’est qu’un exécutant risque donc de transformer une analyse des contraintes en déresponsabilisation politique.

        Le point le plus fécond se trouve peut-être ailleurs , comment un individu raisonnable peut-il participer à un système dont les mécanismes collectifs produisent parfois des décisions qu’aucun acteur, pris isolément, ne semble véritablement souhaiter ?

         C’est une vieille question de philosophie politique, de psychologie sociale et de sociologie. 

        Les bureaucraties, les normes institutionnelles, les effets de groupe, la recherche de conformité et les incitations électorales peuvent progressivement enfermer les décideurs dans des logiques qu’ils contribuent eux-mêmes à entretenir.

        Il faut toutefois éviter un autre piège , présenter « le système » comme une créature mystérieuse qui déciderait de tout à notre place. 

        Un système n’a pas de volonté propre au sens humain. 

        Il résulte d’institutions, de règles, d’intérêts, d’habitudes, de rapports de force et surtout de millions de décisions humaines.

        Et c’est probablement là que la question devient réellement intéressante , si nous sommes tous pris dans des mécanismes collectifs, comment retrouver une capacité d’action sans tomber dans la paranoïa, le fatalisme ou la colère permanente ?

        La réponse ne consiste probablement pas à chercher un grand coupable caché derrière le rideau. 

        Elle consiste plutôt à apprendre à distinguer ce qui est imposé, ce qui est négociable et ce qui peut encore être transformé.

        Autrement dit , comprendre le système ne signifie pas s'y résigner. 

        Cela peut même être la première étape pour reprendre prise sur lui.

        La question laissée en suspens est peut-être la plus importante , si nos dirigeants sont parfois contraints par le système, qui construit alors le système et qui peut encore décider de le modifier ?

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