Aller au contenu principal


Prévisions 24 h
💧 Eau potable
Vérification…
🌬️ Qualité de l'air
Chargement…


        KERVIEL REVIENT : LES RÉVÉLATIONS QUI FONT TREMBLER LE VIEUX THÉÂTRE JUDICIAIRE



        Jérôme Kerviel, le trader devenu symbole malgré lui des excès de la finance, a été entendu en 2020 par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale consacrée aux obstacles à l’indépendance du pouvoir judiciaire. 

        Depuis, son nom continue de surgir dès qu’une question dérange , qui savait quoi, quand, et jusqu’où les mécanismes de contrôle ont-ils réellement fonctionné ? 

        L’affaire avait éclaté en 2008 avec une perte de 4,9 milliards d’euros imputée à ses opérations. 

        Mais derrière le chiffre vertigineux, une autre bataille s’est installée , celle de la responsabilité, de la surveillance bancaire et de la manière dont la justice a traité cette affaire hors norme. 

        Kerviel a toujours soutenu que sa hiérarchie ne pouvait ignorer l’ampleur de ses positions. 

        Lors de ses auditions, il expliquait notamment que plusieurs alertes auraient dû attirer l’attention de ses responsables. 

        Une thèse qui a été contestée par la Société Générale, laquelle affirme de son côté que les opérations frauduleuses ont été réalisées à son insu.

         Et c’est là que le feuilleton devient presque ubuesque , chacun possède sa vérité, chacun brandit ses pièces et pendant ce temps le citoyen regarde passer les milliards avec la même expression qu’un passager devant un panneau SNCF annonçant “retard indéterminé”. 

        La commission parlementaire de 2020 ne constituait évidemment pas un nouveau procès de l’affaire Kerviel, mais son audition a replacé au centre du débat une question autrement plus large , une justice indépendante peut-elle réellement fonctionner lorsque les affaires mettent en jeu des institutions puissantes, des intérêts financiers considérables et des procédures extraordinairement complexes ?

         L’affaire avait déjà révélé des failles de contrôle , en 2008, la Commission bancaire avait sanctionné la Société Générale d’un blâme et d’une amende de 4 millions d’euros pour des défaillances de ses systèmes de contrôle et de sa hiérarchie. 

        Cela ne transforme pas Kerviel en héros, pas davantage que cela permet d’effacer les manœuvres frauduleuses qui lui ont été reprochées et définitivement retenues par la justice. 

        La Cour de cassation a confirmé en 2014 sa condamnation pénale. 

        Mais précisément , reconnaître une responsabilité individuelle n’interdit pas de poser des questions sur le système qui l’entourait. 

        C’est même probablement là que réside le véritable intérêt de cette histoire. 

        Car si un seul homme pouvait prendre des positions gigantesques, masquer certaines opérations et continuer à travailler pendant des mois, le problème dépasse forcément la seule personnalité du trader. 

        À l’inverse, transformer chaque faille de contrôle en preuve automatique d’une complicité générale serait tout aussi hasardeux. 

        Entre le “tout est de la faute de Kerviel” et le “tout le monde savait”, il existe cette étrange contrée que les enquêtes sérieuses appellent les faits. 

        Et les faits, eux, ont rarement le goût spectaculaire des “révélations explosives”. 

        Alors oui, le retour médiatique de Kerviel peut faire du bruit. 

        Mais le véritable sujet n’est peut-être pas de savoir si une nouvelle bombe va tomber. 

        C’est de comprendre pourquoi, dans certaines grandes affaires, il faut parfois attendre des années pour savoir où se trouvait réellement la mèche. 

        La finance adore les risques calculés , la démocratie, elle, devrait surtout exiger des responsabilités clairement établies. 

        Et dans ce vieux dossier, une question demeure aussi actuelle qu’inconfortable , quand plusieurs milliards disparaissent dans les couloirs d’un système, est-il vraiment sérieux de ne regarder que la personne qui tenait la souris ?

        💬 Enregistrer un commentaire

        0 Commentaires

        Chargement...