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        Quand l’État s’attaque à Papi et Mamie plutôt qu’à ses propres excès



        À force de chercher des économies, l’État français semble avoir découvert une méthode révolutionnaire , regarder d’abord dans le portefeuille de ceux qui ont le moins de moyens pour éviter soigneusement de regarder dans ses propres tiroirs. 

        Retraités, familles, automobilistes, consommateurs , chacun peut devenir une variable d’ajustement.

         Pendant ce temps, les doublons administratifs, les structures qui se superposent, les dépenses publiques mal évaluées, certains avantages et rémunérations difficilement compréhensibles ou encore les grands projets dont la facture grimpe avec une régularité métronomique semblent parfois bénéficier d’un étonnant brouillard comptable. 

        La question n’est évidemment pas de nier la nécessité de maîtriser les comptes publics , la France dépense beaucoup et doit regarder ses dépenses avec sérieux. 

        Mais une politique d’économie crédible commence par appliquer la même exigence à tout le monde.

         Avant de demander à Papi de renoncer à quelques euros, pourquoi ne pas vérifier si chaque organisme public remplit réellement sa mission ?

         Avant de demander à Mamie de se serrer la ceinture, pourquoi ne pas traquer méthodiquement les doublons administratifs, les procédures inutiles et les dépenses dont l’efficacité n’est pas démontrée ?

         Et lorsqu’un haut responsable bénéficie d’une rémunération ou d’avantages importants, la question n’est pas de lui faire la chasse , c’est de demander publiquement ce qui justifie la dépense et quels résultats sont attendus en retour. 

        Même logique pour la « folie des grandeurs » , un État moderne peut investir, construire et préparer l’avenir, mais il devrait être capable de distinguer l’investissement stratégique du prestige coûteux.

         Le problème français n’est donc pas seulement celui du montant de la dépense publique , c’est aussi celui de sa lisibilité, de son contrôle et de son efficacité. 

        Une démocratie adulte ne devrait pas demander aux citoyens de croire sur parole que chaque euro dépensé est indispensable. 

        Elle devrait pouvoir leur montrer où va l’argent, pourquoi il est dépensé et ce que cela produit.

         Sinon, le débat tourne à la mauvaise farce , on convoque Papi et Mamie devant le tribunal des économies tandis que l’administration, elle, semble avoir oublié de prendre rendez-vous. 

        La rigueur budgétaire est nécessaire , la rigueur à géométrie variable, beaucoup moins. 

        Et peut-être serait-il temps d’inverser l’ordre des priorités , traquer d’abord les gaspillages, simplifier ensuite les structures, évaluer les grands projets, contrôler les rémunérations et les avantages, puis seulement demander des efforts supplémentaires à ceux qui vivent déjà avec des budgets serrés. 

        Car une République qui demande des sacrifices doit commencer par donner l’exemple. 

        Sinon, ce n’est plus une politique d’économie , c’est une partie de cache-cache budgétaire, avec les contribuables qui comptent jusqu’à dix et l’État qui se cache derrière ses propres formulaires.

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