Une scène ordinaire de reportage jusqu’à ce qu’un mot surgisse, court comme un couperet : « facho ».
Face à lui, une militante locale Margot Medkour, candidate d’extrême gauche a Nantes,« Nantes Populaire »
refuse la caméra.
Le ton monte vite.
Regards durs, tutoiement immédiat, posture de barrage.
L’argument revient comme un refrain : « facho ».
Encore.
Et encore.
Comme si le mot suffisait à fermer la rue.
Comme si l’étiquette remplaçait la discussion.
La voie publique devient soudain ligne de front symbolique , qui peut filmer ?
Qui peut parler ?
Qui décide ?
Dans cette scène brève, presque banale, se joue pourtant une question plus large , celle de la liberté de documenter la réalité sociale, même lorsqu’elle dérange, même lorsqu’elle embarrasse les récits politiques.
Ironie de l’instant , ceux qui dénoncent la censure accusent leurs opposants d’en user , ceux qui prétendent défendre les habitants affirment protéger leur dignité en empêchant l’image.
Deux logiques qui s’affrontent, chacune convaincue de tenir la vérité.
Mais sur le trottoir, les cabanes restent.
Le bidonville, lui, ne disparaît pas derrière les slogans.
La pauvreté n’écoute pas les étiquettes politiques.
Elle attend simplement qu’on la regarde en face.
Et peut-être, qu’on la comprenne avant de la nommer.
Une vieille maxime flotte alors comme un rappel tranquille .
« Quand les mots deviennent des murs, la réalité continue de passer par les fissures. »
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