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        La droite Française n'a toujours pas compris que les Français ne veulent plus d'eux !



        À droite, la présidentielle de 2027 commence à ressembler à une grande audition où chacun vient présenter son CV, son sondage et si possible, une petite phrase destinée à expliquer pourquoi il serait « le seul capable de battre le RN ». 

        Le problème, c’est qu’à force de chercher le candidat miracle, la droite traditionnelle donne parfois l’impression d’avoir oublié une question beaucoup plus simple , pourquoi les électeurs voteraient-ils encore pour elle ?

         Les enquêtes disponibles dessinent un paysage peu confortable. 

        Le RN reste largement en tête dans de nombreuses configurations, tandis qu’Édouard Philippe apparaît mieux placé que Gabriel Attal ou Bruno Retailleau parmi les candidats issus de la droite et du centre.

         Dans une enquête publiée le 24 août, Marine Le Pen était créditée de 35 % et Jean-Luc Mélenchon de 17 %, devant Édouard Philippe à 17 % et Bruno Retailleau à 7 % dans l’une des configurations testées. 

        Et voilà donc la grande bataille , non pas encore celle du projet, mais celle du casting. 

        Qui peut rivaliser avec le RN ? 

        Qui peut empêcher LFI de devenir le principal pôle de contestation à gauche ? 

        Qui peut récupérer les électeurs du centre ? 

        Qui peut réunir une droite qui hésite entre identité, autorité, libéralisme économique, alliance avec le centre et tentation de courir derrière le RN sur son propre terrain ? 

        À ce petit jeu, la droite française risque de découvrir une vieille règle de la politique , imiter son adversaire ne garantit pas de lui prendre ses électeurs. 

        Le RN dispose désormais d’une marque électorale installée, d’un électorat fidèle et d’une capacité à occuper le terrain du mécontentement. 

        Pendant ce temps, Les Républicains cherchent encore leur positionnement. 

        Bruno Retailleau a été désigné pour représenter LR, mais la concurrence demeure, notamment autour d’Édouard Philippe et d’autres figures du centre droit. 

        La situation est d’autant plus ironique que la droite pourrait passer une partie de la campagne à expliquer qu’elle est la seule alternative crédible au RN ,tout en consacrant une bonne partie de son énergie à se demander qui sera le candidat capable de le battre. 

        C’est un peu comme organiser une réunion pour savoir qui va éteindre l’incendie avant de vérifier où se trouve le tuyau d’arrosage. 

        Mais derrière la satire se cache une réalité politique plus sérieuse , les électeurs ne votent pas uniquement contre quelqu’un. 

        Ils peuvent aussi chercher une représentation de leurs préoccupations, une vision du pays, une promesse de changement ou simplement une rupture avec les formations qu’ils jugent responsables de leurs difficultés. 

        Or l’usure des partis traditionnels ne signifie pas nécessairement que les Français ont choisi définitivement le RN ou LFI. 

        Elle signifie surtout que l’ancien équilibre politique s’est profondément fissuré. 

        La droite ferait donc peut-être mieux de regarder moins souvent le thermomètre des sondages et davantage la société qu’elle prétend représenter. 

        Car une présidentielle ne se gagne pas avec une addition de pourcentages publiée chaque semaine.

         Elle se gagne avec une cohérence politique, un projet compréhensible et une capacité à convaincre au-delà de son propre camp. 

        Le véritable danger pour la droite n’est peut-être pas seulement le RN. 

        C’est de devenir une droite qui ne sait plus pourquoi elle veut gouverner, sinon pour empêcher quelqu’un d’autre de le faire. 

        Et pendant que les états-majors calculent, recomptent et recomparent leurs champions, les électeurs, eux, pourraient bien réserver leur propre sondage , celui qui se déroule dans l'isoloir. 

        En politique, c’est encore le seul baromètre qui ne demande pas l’autorisation aux appareils de parti. 

        Et il a parfois la délicatesse de produire des résultats que personne n’avait prévus.

        Et puis ils peuvent dire merci Mrs Macron.

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