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        Guadeloupe, le scandale des robinets à sec



        Le scandale des robinets à sec prend une tournure presque ubuesque , l’eau peut manquer au robinet, mais les lignes sur la facture, elles, ne manquent jamais.

        Imaginez la scène , vous consommez pour 5 € d’eau, et votre facture grimpe à environ 30 € avec les différents frais et redevances.

         Vous cherchez l’eau dans le robinet, elle n’est pas là. 

        Vous cherchez les explications sur la facture, elles sont parfois bien cachées derrière une forêt de lignes comptables.

        Bienvenue en Guadeloupe, royaume tropical où l’eau peut manquer ,mais où la facture, elle, semble avoir une source permanente.

        Bien sûr, tout n’est pas « frais inutile ». 

        Abonnement, assainissement, redevances et autres composantes répondent à des mécanismes précis.

         Mais lorsqu’un usager constate qu'une consommation de quelques euros représente une fraction minuscule du montant finalement payé, une question légitime surgit .

        Combien coûte réellement l’eau et combien coûte le système qui l’accompagne ?

        Le problème devient encore plus difficile à avaler lorsque le robinet reste sec.

        Certains habitants doivent stocker des bidons, acheter de l’eau, chercher des points d’approvisionnement ou attendre une citerne.

         Pendant ce temps, les prélèvements et les factures continuent leur petit bonhomme de chemin.

        L’eau ne coule pas ? 

        La facture, si.

        Voilà toute l’ironie du système.

        La Guadeloupe dispose d'une ressource naturelle abondante, mais une partie importante de l'eau produite peut être perdue avant d'arriver chez l'usager. 

        Réseau vieillissant, fuites, casses et infrastructures insuffisamment entretenues ont transformé la distribution de l'eau en problème chronique.

        Et c'est ici que la plaisanterie devient beaucoup moins drôle.

        Quand un réseau perd de l'eau, quelqu'un paie cette eau perdue.

        Quand il faut réparer, quelqu'un paie.

        Quand il faut livrer de l'eau par citerne, quelqu'un paie.

        Quand il faut acheter de l'eau en bouteille parce que le robinet est sec, c'est encore l'habitant qui paie.

        À la fin, le même citoyen peut avoir l'impression de financer le problème, puis de financer la solution au problème.

        Alors, avant de demander encore des centaines de millions d'euros pour sauver le système, une petite opération pourrait s'avérer utile , sortir la calculette.

        Combien d'argent public a déjà été investi ?

        Quels travaux ont été réalisés ?

        Combien de kilomètres de canalisations ont été remplacés ?

        Combien d'eau est produite ?

        Combien arrive réellement chez les usagers ?

        Combien disparaît dans les fuites ?

        Combien coûtent les contrats ?

        Combien coûtent les prestations ?

        Combien coûtent les livraisons d'eau ?

        Et surtout : pourquoi le résultat reste-t-il aussi fragile après tant d'années ?

        Quant aux accusations de détournement ou de revente d'eau, prudence , une accusation n'est pas une condamnation. 

        Il faut des preuves, des contrôles et des enquêtes.

         Mais si des soupçons existent, qu'on vérifie. 

        Les volumes, les compteurs, les citernes, les contrats et les mouvements d'eau peuvent être contrôlés.

        La transparence ne devrait pas être une promesse politique. 

        Elle devrait être une donnée publique.

        Parce qu'un nouveau grand plan financier ne doit pas devenir une gigantesque citerne dans laquelle chacun viendrait puiser sans que personne ne regarde le niveau.

        La Guadeloupe mérite des investissements.

        Elle mérite des canalisations neuves.

        Elle mérite une distribution fiable.

        Elle mérite surtout de comprendre où va son argent.

        Car finalement, le véritable scandale n'est peut-être pas seulement celui des robinets à sec.

        C'est celui d'un système où l'on peut finir par se demander :

        « Si je ne reçois presque pas d'eau, pourquoi est-ce que ma facture, elle, arrive toujours pleine ? »

        Et pendant que les experts cherchent encore la bonne vanne, les Guadeloupéens, eux, attendent simplement qu'on ouvre la leur.

        5 € d'eau. 25 € de frais. 

        0 garantie que le robinet coulera demain.

        Voilà une équation qui mériterait, elle aussi, un sérieux contrôle technique.

        💧 Karibs Hebdo ,Quand l'eau manque, la transparence ne doit jamais manquer.

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