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Juan Branco face à Michel Onfray : Crépuscule d’une nation ?



Sur la scène publique française, ces deux figures jouent des partitions différentes sur le même instrument fissuré , la République. 

D’un côté, Juan Branco, avocat incandescent, rhétorique de l’urgence, mots taillés comme des pavés. 

Il parle depuis la rue, depuis la colère sociale, depuis l’impression que le jeu est truqué et que les cartes sont marquées par une élite hors-sol. 

Chez lui, la démocratie ressemble à une maison squattée par ceux qui ont les clés du grenier. 

Le ton est accusatoire, parfois excessif, souvent efficace.

 C’est le style du lanceur d’alarme qui frappe la vitre avec le poing.

Face à lui, Michel Onfray, philosophe au long cours, héritier d’une tradition libertaire et hédoniste devenue crépusculaire. 

Onfray ne crie pas , il constate. 

Il déroule une archéologie du déclin, convoque Rome, Athènes, la fin des dieux et l’épuisement des mythes républicains. 

Là où Branco désigne des coupables, Onfray décrit une fatigue civilisationnelle. 

La France, chez lui, n’est pas assassinée , elle s’éteint doucement, par oubli d’elle-même.

Le choc entre les deux révèle moins une opposition qu’un malaise commun. 

Tous deux parlent d’un pouvoir déconnecté, d’un peuple fragmenté, d’un langage politique vidé de sa substance.

 Mais leurs horizons divergent. 

Branco croit encore à l’irruption, au sursaut, à la possibilité d’un procès symbolique ou réel  du système.

 Onfray, lui, doute du réveil , il observe la cendre plus que l’étincelle.

Crépuscule d’une nation ? 

Peut-être. Mais le crépuscule n’est pas la nuit. 

C’est l’heure ambiguë où les formes se brouillent où les ombres s’allongent où l’on confond parfois la fin et la métamorphose. 

L’histoire aime ces moments , ils sont instables, bruyants, féconds.

La vraie question n’est donc pas de savoir qui a raison, mais ce que nous faisons de ce diagnostic partagé. 

Une nation ne meurt pas seulement de corruption ou de décadence , elle meurt quand plus personne ne se sent comptable de son avenir. 

Entre la colère de Branco et la mélancolie d’Onfray, il reste un espace à habiter , celui d’une lucidité active, sans naïveté, sans résignation.

Les civilisations ne tombent pas d’un coup. 

Elles hésitent longtemps au bord d’elles-mêmes. 

Et parfois, contre toute attente, elles bifurquent.


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