George Soros , un nom qui évoque autant la finance que la philosophie politique.
Né György Schwartz en 1930 à Budapest, il est un survivant de la Seconde Guerre mondiale, émigré ensuite au Royaume-Uni, puis aux États-Unis.
Là, il devient l’un des investisseurs les plus célèbres du XXᵉ siècle, notamment pour avoir « fait sauter la Banque d’Angleterre » en 1992, lorsqu’il paria avec succès contre la livre sterling.
Ce jour-là, il gagna environ un milliard de dollars.
Mais Soros n’est pas qu’un financier.
Il s’est surtout illustré par son action philanthropique à travers les Open Society Foundations, un vaste réseau d’organisations actives dans plus de 100 pays.
Leur mission , promouvoir la démocratie, la transparence, les droits humains et soutenir les sociétés ouvertes, une idée directement inspirée du philosophe Karl Popper, dont Soros fut l’élève à la London School of Economics.
Ses actions ont fait de lui une figure à la fois admirée et diabolisée.
Admirée pour son soutien aux transitions démocratiques en Europe de l’Est après la chute du mur de Berlin , vilipendée par certains gouvernements autoritaires et mouvements populistes, qui en ont fait une cible privilégiée de théories du complot.
Ces attaques reposent souvent sur des récits falsifiés ou antisémites, qui déforment son influence réelle.
Aujourd’hui âgé de plus de 90 ans, il a transmis la direction de ses fondations à son fils Alex Soros, mais continue d’incarner un certain idéal du capitaliste-philosophe , celui qui veut corriger, par la redistribution et le mécénat, les déséquilibres d’un système dont il a su maîtriser les règles.
Après avoir bâti sa fortune grâce à la spéculation financière, Soros a décidé d’en faire un outil de transformation sociale.
À travers ses Open Society Foundations, il a financé des milliers de projets , bourses pour étudiants dans les pays de l’Est,en Afrique, soutien à la presse indépendante, aide juridique pour les minorités, campagnes pour la transparence politique et la lutte contre la corruption.
Son idéal ?
Une « société ouverte » où le pouvoir reste contrôlable, où la vérité n’est jamais monopolisée et où la liberté circule comme une respiration.
Mais cet engagement a aussi fait de lui une cible.
Ses soutiens aux mouvements démocratiques en Europe de l’Est, en Afrique ou même aux États-Unis ont irrité plus d’un gouvernement autoritaire.
De là sont nées d’innombrables théories du complot , le présentant tour à tour comme un manipulateur mondial, un financier occulte, voire une incarnation moderne du “bouc émissaire”.
Ces récits, souvent démentis et nourris d’antisémitisme, traduisent la peur qu’inspire l’idée même d’une influence libre et non étatique sur les sociétés.
Ce paradoxe définit Soros , il prône la liberté des individus face au pouvoir, mais son propre pouvoir, immense et privé, inquiète.
C’est l’éternel débat entre le bien fait par la fortune et la méfiance envers le pouvoir concentré, même quand il se dit bienveillant.




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