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Mondialistes VS Wokistes



Deux mots qui claquent comme des slogans. 

Deux phénomènes bien réels, mais souvent confondus, caricaturés, instrumentalisés. 

Prenons-les un instant au sérieux, sans les figer dans la boue des réseaux.

La mondialisation, d’abord, est un fait historique avant d’être une idéologie. 

Elle naît des routes maritimes, du commerce, des câbles sous-marins, des avions, d’Internet. 

Elle accélère les échanges de biens, d’idées, de cultures.

 Elle rapproche les peuples, tout en creusant parfois les inégalités. 

Une force ambivalente , elle peut enrichir comme elle peut broyer. 

Le marteau n’est ni bon ni mauvais , tout dépend de la main qui le tient.

Le wokisme, lui, relève davantage du champ culturel et moral. 

À l’origine, une vigilance légitime face aux discriminations, aux injustices invisibles, aux récits oubliés. 

Une invitation à ouvrir les yeux. 

Puis, avec le temps, pour certains de ses courants, une tentation dogmatique , le monde divisé entre purs et impurs, le débat remplacé par l’anathème, la complexité sommée de se taire.

Là où la mondialisation agit sur les flux capitaux, marchandises, informations , le wokisme agit sur les normes symboliques , les mots autorisés, les récits acceptables, les identités mises en avant. 

L’un uniformise parfois par le marché, l’autre par la morale. 

Deux dynamiques différentes, mais qui peuvent se renforcer , une culture globale standardisée, diffusée à grande vitesse, portée par des plateformes mondialisées.

Le paradoxe est là. 

La mondialisation promet l’ouverture, mais tend à lisser les différences. 

Le wokisme prétend défendre les singularités, mais peut finir par imposer une grille unique de lecture du réel. 

Dans les deux cas, le danger n’est pas l’idée de départ, mais l’excès. 

Le moment où l’esprit critique est prié de se déchausser à l’entrée.

Une vieille leçon philosophique flotte au-dessus de ce duel verbal , ce qui n’accepte pas la contradiction se transforme en croyance. 

Et toute croyance qui s’ignore devient fragile, nerveuse, agressive.

Le monde, lui, reste plus vaste que ces étiquettes. 

Il parle créole, wolof, breton, arabe, patois et langage binaire. 

Il danse, il négocie, il se dispute, il invente. 

Aucune idéologie ne le contient entièrement.

Entre l’ouverture au monde et la vigilance morale, il n’y a pas à choisir un camp comme on choisit un maillot. 

Il y a à maintenir un cap , penser librement, refuser les simplifications confortables, garder la porte ouverte à la nuance.

C’est moins spectaculaire qu’un slogan. 

Mais c’est ainsi que les sociétés respirent, longtemps.

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