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Annie Genevard proclame “5 sur 5” !



Dans les grandes plaines de la République, là où les sillons portent les promesses de pain et de fierté, un mot flotte comme un couperet , hypocrisie.

 On pourrait presque la mesurer, trace invisible entre Paris et Bruxelles, dans les couloirs feutrés où se négocient accords anciens et renoncements modernes.

Annie Genevard, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, l’a dit, l’a répété, peut-être trop vite comme on claque une porte , « Votre message est reçu cinq sur cinq. » 

Une punchline qui a la résonance d’un tocsin, lancé aux agriculteurs en colère dont les tracteurs bruissent comme un tambour de révolte autour de la capitale. 

Dans sa bouche, cette formule rime avec écoute, compréhension et promesse d’actions concrètes. 

Mais dans les campagnes, le refrain sonne comme une esquive, un refrain trop rodé qui ne calme ni la sécheresse des revenus, ni les inquiétudes face à la concurrence étrangère qui s’avance par les routes européennes.

Sur les marchés, dans les halles et au coin des ateliers agricoles, certains parlent de menace parlementaire , un Parlement européen qui, malgré l’opposition tenace de Paris, a vu une majorité qualifiée avaliser l’accord de libre-échange avec le Mercosur. 

C’est là, à Bruxelles, que le symbole de l’hypocrisie se dessine le plus nettement , une France qui martèle son opposition dans le micro des chaînes d’infos, tandis que le texte poursuit sa marche vers une signature déjà programmée avec les pays sud-américains.

Genevard n’en démord pas. 

Pour elle, l’accord est « inacceptable », un pacte d’un « autre âge » qui mettrait en péril des filières sensibles comme celle du bœuf, du poulet ou du miel , emblèmes d’une excellence agricole française vantée avec ferveur. 

Elle l’a défendu dans chaque capitale, brandissant des clauses de sauvegarde comme on brandit un étendard contre les vents contraires.

Mais cette rhétorique se heurte à la réalité d’institutions où la voix d’un État n’est plus qu’un souffle parmi vingt-six autres. 

L’« humiliation française » qu’évoquent certains députés de l’opposition n’est pas seulement une formule. 

C’est le sentiment d’un pays qui voit ses cris de détresse noyés dans l’orchestration bruxelloise d’intérêts multiples, souvent divergents. 

La France dit non avec force, mais l’Europe avance avec une autre majorité, un autre tempo.

Dans les interstices de ce débat, la colère des agriculteurs prend une forme presque shakespearienne , colère économique, souffrance sociale et cet impératif d’être entendus autrement que par une punchline répétée cinq fois sur cinq. 

Le monde agricole réclame des actes, pas des formules. 

Il réclame une réelle protection contre les distorsions de concurrence, pas seulement un discours sur la souveraineté alimentaire.

Cette controverse éclaire plus largement notre époque , comment concilier une tradition agricole qui porte la mémoire d’un terroir, d’un savoir-faire, d’une histoire nationale, avec les impératifs d’une économie intégrée au marché mondial ? 

Et surtout, comment ne pas perdre de vue les voix de celles et ceux qui travaillent la terre, quand les décisions se prennent loin des champs, au cœur d’un Parlement où l’intérêt général se débat avec les intérêts particuliers ?

Au final, la formule « 5 sur 5 » pourrait bien devenir l’emblème d’une démocratie en dialogue difficile avec elle-même. 

Pour que les mots retrouvent leur poids, il faudra plus qu’un slogan , il faudra une authentique réponse politique, économique et humaine. 

Et une Europe qui ne soit pas seulement une scène de négociations lointaines, mais un lieu où les vies concrètes des agriculteurs comptent réellement.


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