Un théâtre d’ombres, voilà parfois ce que donne la politique française , des mots lancés comme des cailloux dans une cour d’école, des querelles d’ego qui éclipsent les urgences réelles, et le citoyen, lui, spectateur fatigué d’un spectacle qui tourne en boucle sur les chaînes de télévision.
Elles aussi happées par la spirale polémique ,de l'audience dans l’arène médiatique,audience , l’insulte devient stratégie, la polémique devient carburant et le fond, souvent, s’évapore comme une promesse au vent .
Derrière les formules chocs, des postures changeantes et des passes d’armes, une mécanique bien rodée , capter l’attention, saturer l’espace, occuper le terrain, quitte à réduire le débat à une bataille de petites phrases, de cours d’école, de facultés, où l’on gagne du terrain en bruit plutôt qu’en idées .
Pourtant, la réalité ne se laisse pas distraire , pouvoir d’achat sous tension, défis climatiques pressants, fractures sociales persistantes , autant de sujets lourds, complexes, exigeants, qui méritent mieux qu’un duel de cour de récréation .
Le contraste est saisissant, presque déroutant , d’un côté, une société en quête de sens, de solutions, de cap clair , de l’autre, des joutes parfois dérisoires où la forme dévore le fond ,l'audience, les statistiques .
Faut-il s’en étonner ou y voir le symptôme d’une époque où l’instant prime sur la durée où l’indignation vaut plus que la réflexion ?
La question reste ouverte, suspendue entre lassitude et lucidité.
Dans ce brouhaha, une exigence demeure, silencieuse mais tenace , celle d’un débat digne, informé à la hauteur des enjeux des territoires , car gouverner, ce n’est pas seulement convaincre, c’est aussi élever, rassembler, éclairer les idées .
Peut-être est-ce là, dans cette attente collective, que réside encore une promesse , celle d’un sursaut, d’un retour au sens, d’une politique qui cesse d’être petite pour redevenir essentielle.
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