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Quand l’argent pense à notre place !



Nous vivons une époque où apprendre par soi-même est devenu suspect. 

La curiosité gratuite fait sourire, presque pitié. 

Le savoir n’a plus de valeur s’il ne se monétise pas, s’il ne passe pas par un guichet, une certification, une facture.

 Comprendre pour comprendre est jugé naïf. 

Produire sans vendre immédiatement est vu comme une erreur de jeunesse.

Créer, aujourd’hui, vous place souvent hors du rang.

 Inventer sans sponsor, bâtir sans rente, penser sans badge , autant de manières élégantes d’être relégué en marge. 

Le système ne récompense plus l’élan, mais l’optimisation. 

Il ne demande pas ce que vous savez faire, mais ce que vous savez capter. 

Prendre, prendre vite, prendre beaucoup, quitte à se vendre au plus offrant est devenu une vertu cardinale.

 L’argent n’est plus un outil , il s’est hissé au rang de divinité.

La France n’a pas basculé hier. 

Elle tangue depuis des décennies. 

Une société d’esclavage moderne, policée, contractuelle, souriante en façade, mais experte dans l’art d’user les individus. 

On vous presse, on vous évalue, on vous relance, même quand vous cherchez le silence. 

Même quand vous êtes tranquille dans votre coin. 

Le repos devient suspect, la lenteur une faute.

Dans ce climat, le racisme ne recule pas , il mute. 

Il se banalise, se justifie, se glisse dans les conversations comme une facilité paresseuse. 

Non plus un délit moral, mais un raccourci commode pour éviter d’apprendre, d’analyser, de se remettre en question.

 Penser demande un effort , exclure en demande moins.

On valorise les acquis figés plutôt que les capacités vivantes. 

Ce que vous êtes capable de devenir compte moins que ce que vous pouvez afficher. 

Diplômes comme des trophées, réseaux comme des armures. 

Le futur se ferme à force d’être sécurisé.

Pendant ce temps, l’horizon se brouille. 

Une jeunesse abreuvée de mirages rapides, à qui l’on a appris que l’argent doit venir sans fatigue, sinon il n’en vaut pas la peine. 

Des générations qui se renvoient la responsabilité comme une balle usée. 

Des retraités inquiets, des actifs épuisés, des jeunes désabusés. 

Chacun enfermé dans sa tranchée temporelle.

Les responsables politiques parlent carrière avant de parler cap. 

Une partie de l’administration gère sa survie plutôt que le sens. 

Le collectif s’efface derrière la trajectoire individuelle. 

La société se “titanise” , lourde, brillante en surface, creuse à l’intérieur, fascinée par l’argent facile et les symboles creux.

Ce monde-là n’est pas seulement injuste. 

Il est fragile. 

Car une société qui méprise l’apprentissage libre, qui décourage la création sincère, qui remplace la dignité par la rentabilité, prépare son propre chaos. 

Un chaos feutré, administratif, mais réel.

Réveiller les consciences ne passera pas par des slogans.

 Cela commence par réhabiliter l’effort invisible, la pensée lente, la création inutile , donc essentielle. 

Par rappeler que la valeur humaine ne se lit pas sur un compte bancaire. 

Et que le futur ne se construit pas en pressurant le présent, mais en redonnant du sens à ce que signifie apprendre, créer et vivre ensemble.

Le reste n’est que bruit de caisse.

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