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France - Quand le pouvoir prend peur !



En France, le pouvoir ne tombe pas toujours. Parfois, il se crispe.

Ces derniers jours, des scènes venues de Bassens et du Havre ont fait lever quelques sourcils fatigués. 

Des tracteurs à l’arrêt, des paysans en colère et face à eux un État bardé de gilets, de barrières et de procédures. 

Le décor est connu , d’un côté ceux qui nourrissent, de l’autre ceux qui ordonnent. 

Entre les deux, le bitume et la matraque symbolique parfois réelle, d’un pouvoir qui redoute plus la contestation que la misère qu’elle signale.

Sous Emmanuel Macron, la verticalité est devenue une doctrine. 

Gouverner, c’est tenir. 

Tenir la ligne, tenir la rue, tenir le calendrier. 

Quitte à confondre autorité et surdité. 

Quand les agriculteurs bloquent, ce n’est pas par goût du folklore rural , c’est parce que les comptes ne tiennent plus, que les normes s’empilent comme des bottes de paille mouillées et que le prix du lait ne paie même plus le gasoil du tracteur.

À Bassens, zone portuaire stratégique, comme au Havre, vitrine maritime de la République marchande, le message est clair , circulez, la colère gêne la logistique. 

Le pouvoir protège les flux. 

Les hommes et les femmes, eux, attendront. 

La scène a quelque chose de presque burlesque , des paysans, figures antiques de la patience, traités comme une menace moderne. 

On sécurise, on encercle, on verbalise. 

La République en mode maintien de l’ordre.

La satire est là, presque écrite toute seule. 

Un président qui se veut Jupiter, mais qui tremble dès que la terre gronde. 

Un État fort avec les faibles, nerveux avec ceux qui bloquent les ports, les routes, les chiffres de croissance.

 Quand le pouvoir sent que le sol social se dérobe, il ne dialogue pas , il serre les dents et les rangs.

Ce n’est pas une question de droite ou de gauche. 

C’est une vieille tentation française , confondre la contestation avec la subversion, la colère avec l’ennemi intérieur. 

Pourtant, l’histoire le murmure à chaque page , quand ceux qui travaillent la terre descendent sur l’asphalte, ce n’est jamais anodin. 

Ce sont des signaux faibles devenus trop forts pour être ignorés.

À force de ne pas vouloir quitter le pouvoir ou simplement lâcher prise, le pouvoir finit par s’y accrocher comme à une rambarde rouillée. 

Il gagne du temps, perd de la confiance et appelle cela gouverner.

Les agriculteurs, eux, rentreront chez eux. 

La terre n’attend pas. 

Reste une question suspendue, comme une brume sur les ports , combien de barrages faudra-t-il encore pour que le sommet entende ce que la base crie depuis des années ?

La France avance souvent ainsi , en réprimant d’abord, en comprenant plus tard. 

L’avenir dira si, cette fois encore, le pouvoir aura préféré la peur au courage.



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