Mercosur et le circuit cours ,peu t'on en parler !
Le Mercosur et les circuits courts racontent deux visions presque opposées de l’agriculture, comme deux vents qui soufflent sur le même champ 🌾.
L’un promet l’horizon large, l’autre protège la terre sous les pieds.
Voici une lecture argumentée, claire et sans incantation.
Le Mercosur, c’est l’accord des grandes distances.
Bœuf brésilien, soja argentin, sucre paraguayen , des produits agricoles qui traversent l’Atlantique à bas coût.
Sur le papier, la promesse est simple , ouvrir des marchés, exporter plus, faire baisser les prix.
Dans les discours politiques, cela devient un mantra , compétitivité, croissance, influence géopolitique.
Mais dans les faits, la pertinence vacille.
D’abord sur le plan agricole.
Mettre en concurrence un éleveur français soumis à des normes sanitaires, environnementales et sociales strictes avec des productions issues de modèles industriels bien moins contraints, c’est organiser une compétition faussée.
Le marché libre n’est pas neutre , il favorise toujours celui qui produit le moins cher, pas le plus juste.
Résultat : pression sur les prix, découragement, disparition progressive des fermes à taille humaine.
Ensuite sur le plan écologique.
Importer de la viande nourrie au soja cultivé sur des terres déforestées, transportée sur des milliers de kilomètres, tout en parlant de transition écologique, relève d’une gymnastique rhétorique assez acrobatique.
Le circuit est long, énergivore, opaque.
On mange un steak, mais on avale aussi du CO₂ invisible.
Enfin sur le plan démocratique.
Ces accords se négocient loin des champs, loin des marchés, loin des citoyens.
Les agriculteurs ont souvent le sentiment d’être les variables d’ajustement d’une politique commerciale qui les dépasse.
D’où la colère, les blocages, les silences tendus derrière les cordons de forces de l’ordre.
Face à cela, les circuits courts tracent une autre voie.
Plus modeste, plus locale, mais étonnamment robuste.
Économiquement, ils redonnent de la valeur au travail agricole.
Moins d’intermédiaires, un prix plus juste, une relation directe entre celui qui produit et celui qui mange.
Le revenu ne s’évapore pas dans les tuyaux de la grande distribution.
Socialement, ils recréent du lien.
Un marché, une AMAP, une ferme ouverte , l’agriculture redevient visible.
Le paysan n’est plus une abstraction statistique, mais un visage, une voix, parfois un accent.
Écologiquement, ils réduisent les distances inutiles et encouragent des pratiques plus respectueuses, parce que le regard du consommateur n’est jamais très loin.
Quand on vend à ses voisins, on pense davantage à la terre qu’on leur laisse.
Les circuits courts ne sont pas une solution miracle.
Ils ne nourriront pas seuls les grandes métropoles et ils demandent une organisation, du temps, parfois plus d’efforts.
Mais leur pertinence tient à une chose essentielle , ils réconcilient économie, écologie et dignité humaine, là où les accords comme le Mercosur les dissocient.
Le vrai débat n’est donc pas “ouverture ou repli”, comme on aime le caricaturer.
Il est plus profond .
Veut-on une agriculture pensée comme une marchandise mondiale, ou comme un bien commun local ?
Entre le cargo et le panier de marché, il y a un choix de société.
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