Brésil, Mercosur et sargasse : quand l’économie rencontre l’algue brune
Les plages de Guadeloupe, Martinique et du nord-est du Brésil se couvrent chaque année d’une épaisse couche de sargasse, une algue brune venue du large Atlantique.
Si, pour le touriste, elle représente une nuisance olfactive et visuelle, pour l’économie régionale, c’est un signal d’alarme.
Le Brésil, moteur du Mercosur, exporte soja, café, viande et minerais à travers ses ports atlantiques.
Ces infrastructures, piliers de la croissance, sont menacées par des marées d’algues flottantes qui s’accumulent sur les côtes.
Les pêcheurs locaux, qui vivent de la mer depuis des générations, voient leur travail compromis , le tourisme, source essentielle de revenus pour les petites communes côtières, est directement affecté.
La sargasse n’est pas seulement un problème local , c’est un phénomène régional, qui illustre la fragilité écologique de l’Atlantique Sud.
Les courants marins transportent ces algues depuis les côtes africaines et brésiliennes vers la Caraïbe.
Leur prolifération est amplifiée par le réchauffement climatique et l’eutrophisation des océans, conséquence indirecte des pratiques agricoles intensives et de la déforestation, largement orchestrées par le Brésil.
Au sein du Mercosur, les impacts économiques et sociaux sont partagés , la détérioration des côtes affecte le commerce maritime, la pêche et le tourisme, soulevant la question d’une coordination régionale pour lutter contre la prolifération des sargasses et protéger les communautés locales.
Une réponse collective pourrait inclure la surveillance des courants, la réduction des apports de nutriments dans l’océan et le financement de solutions de nettoyage et de valorisation des algues.
Ce phénomène rappelle que l’économie et l’écologie sont intrinsèquement liées.
Le Brésil, en tant que géant régional, ne peut plus se contenter d’une approche nationale , ses choix environnementaux résonnent sur les côtes du Mercosur et au-delà.
La sargasse n’est pas seulement une algue , c’est un miroir de notre gestion des ressources et de notre rapport à la mer.
Les solutions existent, mais elles exigent courage politique, coopération régionale et respect des limites naturelles.
Ignorer le problème serait laisser les algues écrire l’avenir économique et écologique de toute la région.
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