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FNSEA Vs Confédération paysanne - Deux agricultures, une même terre !



Dans le paysage agricole français, deux syndicats dessinent deux horizons. 

Ils parlent du même sol, mais ne regardent pas dans la même direction.

La FNSEA occupe le centre du champ. 

Majoritaire, structurée, historiquement proche des rouages politiques et des grandes filières, elle défend une agriculture de la performance. 

Une agriculture pensée en volumes, en compétitivité, en intégration aux marchés mondiaux. 

Les exploitations y sont souvent vastes, mécanisées, technologiquement armées. 

Le raisonnement est limpide , produire plus pour survivre dans une économie mondialisée impitoyable. 

Pour ses défenseurs, c’est du pragmatisme. 

Pour ses détracteurs, c’est une logique qui use les sols, presse les paysans et vide les campagnes de leur substance humaine.

En face, la Confédération paysanne avance à contre-courant. 

Minoritaire mais bruyante, militante sans s’en excuser, elle revendique une agriculture paysanne, au sens noble du terme. 

Des fermes à taille humaine. 

Une terre mieux partagée. 

Des prix qui reconnaissent le travail plutôt que la seule quantité produite. 

Ici, l’écologie n’est pas un supplément d’âme mais une condition de survie. 

La souveraineté alimentaire n’est pas un slogan, mais une boussole. 

Le champ n’est plus une usine à ciel ouvert , il redevient un écosystème, un héritage vivant.

Le fossé est net.

D’un côté, on parle tonnes, normes, parts de marché.

De l’autre, on parle visages, paysages, cycles longs, dignité du métier.

Dans les rues, lors des mobilisations, la scène est saisissante. 

Les mêmes bottes crottées, les mêmes mains calleuses, mais des mots d’ordre opposés. 

Les uns réclament moins de contraintes pour produire davantage. 

Les autres dénoncent un système qui impose de produire toujours plus pour gagner toujours moins.

Ce face-à-face dépasse largement les syndicats. 

Il touche au cœur de notre modèle de société.

Voulons-nous une agriculture qui nourrit les marchés ou une agriculture qui nourrit la société ?

Entre le tracteur lancé à pleine vitesse, moteur hurlant vers la compétitivité globale et la charrue patiente qui épouse les courbes du sol, la France agricole hésite. 

Ce choix, souvent relégué aux marges du débat public, est pourtant décisif. 

Il façonnera nos assiettes, nos territoires et la place que nous accordons encore au vivant dans l’économie.

La terre, elle, n’a pas de syndicat. 

Mais elle se souvient toujours de la manière dont on la traite.


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