⚠️ Prévision — 24 prochaines heures · (🇬🇵 Guadeloupe)
Données : mise à jour automatique toutes les 30 minutes.

Guadeloupe–Martinique : quand l’argent des avocats s’évapore



Dans l’ombre des palais de justice, un mystère financier secoue les Antilles françaises. 

Les Caisses autonomes des règlements pécuniaires des avocats (CARPA) de Guadeloupe et de Martinique, organismes chargés de gérer et sécuriser l’argent confié par les clients aux avocats et de rémunérer ceux qui interviennent dans le cadre de l’aide juridictionnelle, se trouvent aujourd’hui au centre d’une tempête comptable.

Des dizaines de millions qui s’évaporent.

Au 31 décembre 2024, les chiffres donnent le vertige. 

En Guadeloupe, près de 24 à 25 millions d’euros semblent avoir disparu des comptes de la CARPA locale. 

En Martinique, le trou est tout aussi alarmant, estimé entre 14 et 18 millions d’euros selon plusieurs sources.

Ces fonds ne provenaient pas d’un trésor oublié , ils représentaient des avoirs précieux confiés par des justiciables, destinés à être remis à leurs ayants droit, à régler des créances ou à couvrir des frais de procédure.

 Leur rôle était de garantir que personne ne perdrait un centime à cause d’une défaillance d’un avocat dans la manipulation de ces fonds.

Placements hasardeux ou gestion déficiente ?

Les premières pièces du dossier indiquent que ces pertes pourraient être liées à des placements financiers mal choisis ou trop risqués, effectués au fil des années par différentes équipes qui se sont succédé à la tête des barreaux antillais. 

Ces manoeuvres avaient probablement pour but de faire « fructifier » les réserves, mais le résultat est amer , au lieu de fruits, ce sont des millions envolés.

Rien n’indique que les gestionnaires actuels étaient au courant de ces dérives avant de prendre leurs fonctions.

 Les pertes semblent remonter à plusieurs mandats, ce qui pose une autre question , comment des déficits aussi massifs ont-ils pu se creuser sans déclencher d’alertes suffisantes ?

Le Parquet national financier saisit l’enquête.

Face à l’ampleur des anomalies, le Parquet national financier, la juridiction spécialisée dans la lutte contre les fraudes et les infractions financières complexes, a été saisi du dossier. 

Une enquête judiciaire est désormais ouverte pour déterminer l’origine exacte de ces déficits et le cas échéant, identifier des responsabilités pénales ou disciplinaires.

Des conséquences déjà visibles.

Pour tenter de réduire l’impact de ces pertes, les barreaux de Guadeloupe et de Martinique ont d’ores et déjà relevé les cotisations professionnelles de leurs membres. 

Ces contributions, qui étaient jusqu’ici de quelques centaines d’euros par avocat, ont été portées à plusieurs milliers d’euros, alimentant une vive inquiétude dans la profession locale.

À Paris, certains barreaux de l’Hexagone ont été sollicités pour apporter un soutien financier ou technique, mais l’ampleur des sommes en jeu les a souvent laissés de marbre.

Un redressement difficile.

Un administrateur indépendant a été nommé pour tenter de redresser la barre et remettre les comptes à flot. 

Malgré ses efforts récents, la tâche s’annonce ardue. 

À ce stade, la vérité sur la destination de ces millions reste à trouver.

Dans un contexte où l’accès à la justice et la transparence des institutions comptent pour autant que le sel des idées, cette affaire jette une ombre sur la confiance dans la gestion des fonds publics et privés. 

À suivre de près, car la suite du feuilleton judiciaire pourrait bien éclairer les ténèbres où se sont égarés ces millions.


Enregistrer un commentaire

0 Commentaires



✨ Notez l'Article

Chargement de la moyenne...