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Venezuela , dans la poudrière ! (1:24:38)



Caracas n’est plus seulement une capitale. 

C’est un sismographe. 

Chaque jour, l’aiguille tremble sous le poids d’un pays épuisé, riche de pétrole mais pauvre de certitudes, suspendu entre colère sociale, jeux de puissances et survie quotidienne.


Le Venezuela vit une crise qui n’est plus conjoncturelle mais structurelle. 

Politique, économique, sociale, diplomatique , toutes les failles sont ouvertes en même temps. 

Le pouvoir, arc-bouté sur l’appareil sécuritaire, tient encore. 

La population, elle, tient surtout par habitude. 

Par débrouille. 

Par fatigue.


Depuis des années, l’État promet le redressement. 

Les chiffres racontent autre chose. 

Inflation chronique, salaires symboliques, services publics erratiques. 

L’électricité vacille, l’eau manque, les hôpitaux bricolent. 

Dans les quartiers populaires, on compte les jours en sacs de riz. 

Dans les classes moyennes restantes, on compte les départs.

 Plus de sept millions de Vénézuéliens ont quitté le pays. 

Une hémorragie humaine, lente mais massive.


Au cœur de cette tempête , le pétrole. 

Toujours lui. Malédiction dorée. 

Le Venezuela possède les plus grandes réserves prouvées du monde, mais produit bien moins qu’il y a vingt ans.

 Infrastructures délabrées, corruption systémique, sanctions internationales , la manne est devenue mirage. 

Chaque baril est désormais un enjeu géopolitique. 

Washington surveille, Pékin calcule, Moscou soutient. 

Le pays est une table de poker où les cartes ne sont pas vénézuéliennes.

La scène politique, elle, est verrouillée. 

Élections contestées, opposition fragmentée, répression documentée. 

Arrestations arbitraires, intimidations, exils forcés , le pluralisme est réduit à une ligne fine, presque décorative. 

Le discours officiel invoque la souveraineté. 

La rue murmure la lassitude. 

Entre les deux, l’armée reste l’arbitre silencieux.

Mais la poudrière ne vient pas seulement d’en haut. 

Elle est aussi sociale. 

Une génération entière a grandi dans la crise. 

Elle connaît l’instabilité comme norme, l’incertitude comme horizon. 

Cette jeunesse est connectée, informée, parfois cynique. 

Elle n’attend plus de promesses. 

Elle observe, compare, doute. 

Et quand l’espoir se déplace vers l’extérieur, le pays se vide de sa force vive.

À l’échelle régionale, le Venezuela est un facteur d’instabilité durable. 

Les flux migratoires pèsent sur la Colombie, le Pérou, le Brésil.

 Les tensions diplomatiques s’additionnent. 

Chaque incident interne a désormais un écho continental. 

Le pays n’est plus isolé , il est central, malgré lui.


Alors pourquoi la mèche est-elle si courte ? 

Parce que tout y est inflammable. 

Une hausse de prix. 

Une coupure de courant prolongée. 

Une arrestation de trop. 

Un scandale pétrolier. 

Dans un système saturé de frustrations, l’étincelle n’a pas besoin d’être grande.

Reste une question essentielle, rarement posée frontalement , que reste-t-il quand la peur s’use ? 

L’histoire montre que les régimes tiennent tant que la crainte dépasse la colère. 

Mais la fatigue est un acide lent. 

Elle ronge les loyautés, dissout les récits, fragilise les murs.

Le Venezuela n’est pas un pays condamné. 

Il est un pays suspendu. 

Entre ce qu’il a été, ce qu’il est devenu et ce qu’il pourrait encore être. 

La poudrière est réelle. 

L’explosion n’est pas inévitable. 

Mais chaque jour sans solution crédible raccourcit la mèche.

Dans le silence lourd de Caracas, une vérité s’impose , on peut contenir une crise longtemps. 

On ne la neutralise jamais en l’ignorant.



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